Valorisation
agricole des boues5
Que
recycle-t-on au juste?
La
fabrication de la pâte et du papier nécessite
de bonnes quantités d’eau. Généralement
puisée dans une rivière située à proximité de
l’usine, cette eau est nettoyée avant d’être
retournée en milieu naturel. Depuis la mise en
place, au milieu des années 90, de nouveaux systèmes
de traitement, plus de 98 % des solides en suspension
(souvent des petites fibres de bois) et de la matière
organique dissoute dans l’eau sont ainsi récupérés.
C’est ce produit, appelé biosolide ou matière
résiduelle fertilisante, que les papetières
offrent aux agriculteurs.
Que
faisait-on de ces matières fertilisantes
dans le passé ?
Traditionnellement,
une grande portion des solides issus de ce traitement
des eaux était enfouie dans des sites prévus à cet
effet ; le restant était incinéré.
Une importante quantité de matière organique
pourtant utile et recyclable était ainsi perdue à tout
jamais.
Pourquoi
vouloir recycler cette matière organique ?
Le
désir de contribuer au développement durable
incite entreprises et gouvernements à mettre en
place des mesures de réduction, réutilisation
et recyclage des matières résiduelles.
Le recyclage des matières fertilisantes provenant
des usines de pâtes et papiers nous prouve que
tous peuvent en bénéficier.
L’agriculteur profite
d’un apport appréciable et peu coûteux
de matières organiques pour ses terres. Ces matières
fertilisantes retiennent les nutriments et l’eau
du sol, fournissent un apportintéressant d’azote,
de phosphore et de potasse, stimulent l’activité des
micro-organismes déjà présents dans
le sol et augmentent l’efficacité des engrais
minéraux. Les sols faisant l’objet de valorisation
par les biosolides issus des usines de pâtes et
papiers sont mieux structurés, ce qui réduit
les risques de compaction et d’érosion tout
en facilitant le développement des racines des
végétaux.
L’entreprise est également
gagnante puisqu’elle améliore son bilan
environnemental en retournant à la terre des produits
organiques tirés de la forêt. Cette pratique
l’aide également à contrôler
les coûts liés à l’enfouissement.
La
collectivité tire aussi avantage d’une
réduction du recours à l’enfouissement
et à l’utilisation d’engrais minéraux.
L’emploi des biosolides des usines de pâtes
et papiers assure une meilleure protection des nappes
d’eau souterraines en permettant une amélioration
significative de la capacité des sols à retenir
les fertilisants. En se substituant à une portion
des engrais minéraux, cette valorisation permet
en outre l’utilisation d’un produit québécois.
Ces
matières sont-elles dangereuses ?
Les
critères environnementaux québécois
figurent parmi les plus sévères au monde.
Ils ont été élaborés de manière à éviter
la contamination des sols, des eaux souterraines et des
cultures. Les biosolides des fabriques de pâtes
et papiers satisfont amplement ces critères et
se comparent avantageusement à d’autres
matières utilisées depuis toujours. Tout
projet d’épandage de biosolides nécessite
l’obtention d’un certificat d’autorisation émis
par le ministère de l’Environnement. Pour
chacun des sites valorisés, le Ministère
exige une lettre de conformité aux règlements
municipaux, les plans et devis des travaux à exécuter
ainsi que les résultats d’analyses démontrant
les qualités environnementales des matières
fertilisantes. De plus, l’entreposage et l’épandage
de ces dernières doivent être réalisés
en conformité avec les prescriptions d’un
agronome.
La
pratique québécoise de valorisation des
biosolides s’appuie sur l’expérience
acquise depuis plus de 20 ans au Québec, en Ontario,
aux États-Unis et un peu partout dans le monde.
L’intérêt qu’ont les papetières à établir
des relations saines et durables avec le milieu agricole,
ajouté aux critères exigeants établis
par le ministère de l’Environnement, assure
une agriculture durable pour les producteurs agricoles
et les communautés qui les entourent.
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Cette
pratique génère-t-elle des odeurs ?
Les
engrais organiques, tel le fumier, produisent des odeurs
que nous connaissons depuis longtemps. Les biosolides
dégagent aussi des odeurs lors de leur manipulation.
Ces dernières nous sont cependant moins familières.
Une bonne gestion des périodes d’épandage
permet d’éviter les désagréments.
Conclusion
La
valorisation des biosolides permet une meilleure conservation
des sols, de l’eau souterraine et améliore
les rendements agricoles. Cette pratique s’inscrit
dans le Plan d’action québécois sur
la gestion des matières résiduelles du
Ministère de l’Environnement du Québec
qui favorise la valorisation à l’enfouissement
Pour
plus d’informations sur l’utilisation des
biosolides, consulter le site du Ministère de
l’Environnement du Québec au www.menv.gouv.qc.ca/matieres/mat_res/
fertilisantes/faq.htm ou le site du Conseil des industries forestières
du Québec au www.cifq.qc.ca
5 Tiré du
dépliant, De l’arbre aux champs, produit
par le Conseil des industries forestières du Québec
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